La profession dentaire française vit une vraie transformation : plus jeune, plus féminine et avec des défis majeurs à relever.
Chez JULiA, on décrypte pour vous les chiffres 2025 et ce qu’ils signifient pour l’avenir.


Une profession qui se développe… mais inégalement
En 2025, la France compte près de 48 000 chirurgiens-dentistes en activité.
Un chiffre en hausse constante et même en forte accélération.
Depuis treize ans, les effectifs ont progressé de 17.7%.
Mais le rythme de croissance s’est nettement intensifié ces dernières années :
- 0.6% par an en moyenne entre 2012 et 2019.
- +2.1% par an depuis 2019.
- Et une accélération très marqué entre le 1er janvier 2024 et le 1er janvier 2025 : +4.1%.
Autrement dit : la profession attire
Pour autant, ce chiffre global masque une réalité plus nuancée.
La croissance n’est pas uniforme sur le territoire :
– Des zones urbaines comme Paris ou Lyon sont surdotées, tandis que des régions rurales peinent à attirer des praticiens.
– Les mesures réglementaires récentes visent justement à encadrer et équilibrer l’installation des nouveaux dentistes pour lutter contre les déserts médicaux
Une profession qui rajeunit et se féminise
C’est un tournant majeur pour une profession longtemps dominée par des profils masculins et plus âgés.
Les chiffres clés de 2026, montrent une vraie révolution générationnelle :
- Âge moyen en baisse : l’âge moyen des praticiens a reculé de près de quatre ans sur la période. (44,3 ans au 1er janvier 2025 contre 48,4 ans au 1er janvier 2012)
- Parité professionnelle : 50% des dentistes sont aujourd’hui des femmes, contre environ 39% en 2012.
Géographie : où s’installent les nouveaux dentistes ?
Si les grandes villes restent attractives et continuent de concentrer une large part des installations la réalité terrain est contrastée :
- De nombreuses zones rurales ou petites villes sont encore sous-dotées en praticiens.
- La fameuse “diagonale du vide” (du nord-est au sud-ouest du pays) concentre moins de dentistes par habitant. (ex : Ardennes, Meuse, Haute-Marne, Haute-Saône,….)
- Certaines zones périurbaines et petites agglomérations peinent à attirer des jeunes installés.
Face à cela, de nouvelles règles ont été mises en place depuis janvier 2025 : les jeunes dentistes doivent désormais déclarer leur projet d’installation auprès de l’Agence Régionale de Santé, qui peut limiter l’ouverture dans des zones déjà bien pourvues. Des aides financières (jusqu’à 50 000 €) sont proposées pour encourager l’installation dans les territoires prioritaires.
Taux de féminisation – 2026

source du graphique = ONCD site officiel
Nombre de chirurgiens-dentistes / 100 00 habitants

source du graphique = ONCD site officiel
Quelles opportunités pour les jeunes dentistes ?
Diversification des modes d’exercice : le modèle évolue.
Si l’exercice libéral reste majoritaire, le salariat progresse fortement, notamment en centres de santé. Dans le même temps, le nombre de chirurgiens-dentistes salariés en centre de santé a presque triplé, passant de 2 800 au 1er janvier 2012 à 7 600 au 1er janvier 2025.
Ce chiffre, traduit une transformation profonde des aspirations des jeunes diplômés :
- recherche de sécurité
- meilleure prévisibilité des revenus
- équilibre vie professionnelle / vie personnelle
- travail en équipe structurée
Le modèle unique n’existe plus. Aujourd’hui, plusieurs trajectoires sont possibles.

Source : DREES
Plus de mobilité professionnelle
Les jeunes diplômés élargissent aujourd’hui leur champ des possibles. Si les grandes métropoles conservent un fort pouvoir d’attraction, elles impliquent aussi une concurrence soutenue et un marché déjà structuré. De plus en plus de praticiens choisissent donc d’explorer d’autres territoires, où l’environnement professionnel peut être plus accessible et l’équilibre de vie plus favorable.
Des besoins structurels en santé dentaire
Parallèlement, certaines zones restent confrontées à un déficit d’offre de soins. Les délais de prise en charge s’allongent et la demande locale demeure élevée. Cette réalité territoriale ouvre la voie à des installations stratégiques, permettant de conjuguer utilité sociale et développement d’activité durable.
Moins de concurrence, forte demande, impact direct sur la population : l’installation stratégique devient un véritable levier professionnel.
En résumé
La profession dentaire française est en pleine mutation : plus jeune, plus féminine.
Le défi reste la répartition territoriale des soins, un enjeu majeur pour les prochaines années.
Les nouvelles règles d’installation visent à encourager l’accès aux soins dans les zones sous-dotées.
La génération 2025 des dentistes marque une rupture : une profession qui se réinvente, qui respire l’avenir, et qui fait face à des défis aussi excitants que structurant.
Et vous, jeune chirurgien-dentiste, où souhaitez-vous poser votre plaque ?
